Sommaire
00:00 Introduction et historique de la fibromyalgie
00:40 Définition et critères diagnostiques
03:06 Évolution juridique et reconnaissance médicale
06:29 Diagnostic clinique : nouveaux critères
10:48 Diagnostic différentiel et absence de biomarqueurs spécifiques
14:37 Avancées en neuroimagerie et sensibilisation centrale
19:04 Preuves d’atteintes périphériques et rôle des auto-anticorps
23:54 Synthèse des mécanismes physiopathologiques
26:35 Traitements médicamenteux et limites actuelles
27:12 Nouvelles approches thérapeutiques
32:16 Perfusions intraveineuses : lidocaïne et kétamine
36:52 Neuromodulation non invasive : stimulation transcrânienne
44:40 Stimulation électrique transcutanée et stimulation du nerf vague
49:34 Médecines complémentaires : acupuncture, hypnose, cannabis
53:03 Fibromyalgie et long COVID : pistes de réflexion
54:40 Programme de prise en charge à la clinique de la douleur
56:15 Conclusion et remerciements
Résumé
La fibromyalgie est un syndrome douloureux chronique, caractérisé par des douleurs diffuses d'une durée minimale de trois mois, affectant au moins trois des quatre quadrants corporels. Elle s'accompagne souvent de troubles du sommeil non récupérateur, de fatigue chronique, de troubles cognitifs (fibrofog) et de symptômes somatiques variés (troubles digestifs, urinaires, thoraciques, etc.). L'étiologie est complexe, impliquant des facteurs génétiques, environnementaux, neurologiques et potentiellement auto-immuns.
La physiopathologie met en évidence une sensibilisation centrale avec hyperactivation des zones cérébrales liées à la douleur (insula, cortex somatosensoriel), hypoactivation des zones de modulation et altération des voies inhibitrices descendantes. Des anomalies périphériques sont aussi observées, comme une diminution des fibres nerveuses intraépidermiques. De plus, la présence d’autoanticorps IgG ciblant les cellules satellites des ganglions dorsaux suggère un mécanisme neuro-inflammatoire.
Les traitements actuels incluent des antidépresseurs, des antiépileptiques et des perfusions de lidocaïne ou de kétamine, bien que l'efficacité reste limitée. Des approches innovantes sont explorées, comme la stimulation transcrânienne magnétique, la stimulation auriculaire du nerf vague, ou l'utilisation de la naltrexone à faibles doses. Par ailleurs, les médecines intégratives telles que l'acupuncture, l’hypnose et la méditation apportent des bénéfices complémentaires. La reconnaissance et la prise en charge de la fibromyalgie nécessitent une approche pluridisciplinaire et personnalisée, adaptée aux profils physiopathologiques variés des patients.